vendredi 25 août 2017

Robin Des bois, du mythe à la réalité : décryptage d'une légende aux personnalités multiples.



Robin des bois Robin Hood
Robin des bois alias Robin Hood et ses joyeux compagnons
 Voilà la fin de l'été qui pointe le bout de son nez, j'espère que vous vous êtes bien reposé (les yeux en tout cas), parce que me revoilà avec un nouvel article. Comme vous le savez, d'habitude je choisi un nom de famille d'une personne faisant l'actualité, mais comme nous avons eu surtout les vacances de monsieur Macron (dont j'ai déjà parlé dans l'article sur les candidats à la présidentielle), des fous en bagnoles et des feux de forêts, c'était pas très jouasse. Quoique finalement, si vous voulez un rapport (avec le sujet bien sûr), on peut en trouver un avec la forêt dans mon article puisque nous allons évoquer une forêt célèbre, celle de Sherwood étant donnée que nous allons suivre les traces du célèbre voleur légendaire : Robin des bois.
 Pourquoi lui ? Tout simplement parce que je me suis posé la question de savoir si le personnage avait vraiment existé ou du moins, s'il y avait une part de vrai dans la légende qui entour son histoire. À la base d'un mythe ou d'une légende, il y a toujours un ou des éléments véridiques qui se sont déroulés dans le passé, autour desquelles on a brodé une histoire plus forte, plus significative et généralement dans le but de créer quelque chose qui rassemble un groupe, un peuple, une nation autour de valeurs communes. Alors qui était-il vraiment ? Quelle était son vrai nom de famille ?
 S'il a vraiment existé et qu'il a engendré une descendance, il y a des chances qu'on puisse le retrouver par ce biais. Mais que serait ce nom ? Évidemment, il ne faut pas chercher du côté de Des bois (ou Desbois), qui correspond à la traduction française du personnage. Il ne faut pas regarder non plus dans la transcription anglaise Woods puisque dans la version originale, il s'appelle Robin Hood (hood signifiant capuche. On est d'accord, Robin de la capuche c'est moins classe). Quoiqu’il en soit, intéressons nous à ces trois patronymes avant de nous attaquer à l'histoire du mythique Robin Hood puis - attention, spoiler alert - de celui qui a probablement existé.

  • Histoire des trois noms : Des bois - Woods - Hood

 Comme je le disais plus haut dans l'introduction, évidemment Des bois n'est pas son nom de famille. En effet, il s'agit surtout d'un surnom qu'il lui a été donné dans la version française puisque la légende veut qu'il est vécu en hors-la-loi dans une forêt. Cependant rappelez vous, une grande partie des noms de famille que nous portons sont issus de surnoms qui ont été donnés entre le 12e et 13e siècle, exactement l'époque à laquelle il aurait vécu. Comme lui en France, de nombreuses personnes se sont vues attribuer ce surnom parce qu'elles vivaient dans ou près d'un bois, surnom qui est ensuite devenu leur patronyme.
 Tandis que la forme Des Bois est assez rare aujourd'hui (entre 2  à 100 personnes la porterait  en France), la forme Desbois est beaucoup plus populaire (probablement dû en partie à la contraction des particules après la révolution). Selon Généanet, ce nom de famille aurait été porté en France plus de 135 000 fois, dont environ 6 000 actuellement, ce qui le classe 778eme parmi les plus portés. 
  De la même manière, la version outre-manche est extrêmement populaire puisque ils seraient plus de 30 000 à porter le nom Woods en Angleterre, environ 180 000 aux États-Unis et plus de 13 000 au Canada (contre 600 pour la version française, dont 1 Robin Desbois. Manquerait plus qu'il soit bûcheron).
  Comme je le disais dans l'introduction, le surnom Hood signifie en français capuche. Cela peut sembler à première vue cohérent puisque dans l'imaginaire collectif, nous nous représentons très facilement Robin des bois avec sa fameuse capuche verte pour se dissimuler dans la forêt. C'est peut-être l'idée qu'on eu les auteurs des ballades et récits légendaires, mais c'est loin de l’étymologie réelle initiale. À l'origine, le nom Hood est une dérivation d'un prénom, Huda (nom de baptême qui fut porté et popularisé par le chef de la cité de Surrey près de Londres, en 854). Par ailleurs, et probablement suite à la notoriété de la légende, dès le XIIIe siècle, Robin Hood est devenu, semble-t-il, très rapidement un nom commun attribué à des personnes vivants en marge de la société et/ou des hors-la-loi. Pour ces deux raisons, on observe donc dès cette époque un nombre non négligeable de personne ayant ce patronyme. Aujourd'hui, ils seraient en Angleterre plus de 10 000 à le porter et environ 60 000 aux États-Unis.

  • Histoire d'un héros légendaire : Robin des bois / Robin Hood.

 Lorsque l'on s'intéresse de près à l'historiographie des légendes robiniennes (ça sonne moins joli  que légendes arthuriennes non ?), on constate que l'on prête souvent comme première source littéraire, la pastourelle de Adam de la Halle écrite vers 1282-1283, Le jeu de Robin et Marion (bien que la courtoisie aurait préférée que l'on parle de Marion avant Robin, d'autant plus que c'est le personnage centrale). Hors, excepté les noms des protagonistes, rien n'indique la réalité d'un quelconque lien avec notre Robin des bois. Cependant, les noms et le récit ont pu être inspiré par les ballades populaires du XIIIe siècle qui semble installer le décor de la légende. En effet dans ces ballades, un certain Robin serait décrit comme étant le chef d'une compagnie de lutteurs qui apparaissent à l'occasion de fêtes paroissiales, les fêtes de Mai. Dans l'histoire du Jeu de Robin et Marion, celui-ci est justement accompagné de comparses dans la préparation et la participation d'une fête après avoir défendu sa belle contre un chevalier, mais les similitudes ne vont pas plus loin.



 Il faut donc patienter un siècle et attendre le récit Piers Piowman (Pierre le laboureur en français) entre 1360 et 1387 de William Langland pour laisser une trace écrite de notre héros. Et encore, il s'agit d'une simple occurrence dans laquelle un prêtre paresseux dit qu'il ne connaît pas très bien son "Notre Père", mais qu'il connaît par contre très bien des rîmes sur Robin des bois et Ranulph Comte de Chester.
I kan nought parfitly my Paternoster as the preest it singeth, but I kan rhymes of Robyn hood and Randolf Earl of Chestre
ou dans un anglais plus contemporain :
I do not know my Paternoster perfectly as the priest sings it, but I know rhymes of Robyn Hood and Randolf Earl of Chester
  Cette référence nous confirme la popularité de l'histoire de Robin des bois dans la tradition orale, et que celle-ci raconte, entre-autre, son association (positive ou négative) avec le Comte de Chester (situé au Nord-Ouest de Birmingham). Malheureusement, elle n'en dit pas plus.

 Durant le XIVe et XVe siècle les ballades relatant les histoires de Robin se font de plus en plus nombreuses et précises. En 1380, le chroniqueur Jean de Fordun écrit d'ailleurs que ce personnage remporte un grand succès populaire et qu'"il plaît mieux que tout les autres". Mais ce n'est que vers 1495 que ré-apparaît dans la littérature le personnage de Robin des bois à travers un recueil de chansons de geste imprimé par Wynkyn de Worde, A Gest of Robyn Hode, et qui compile plusieurs ballades en une seule et même histoire. C'est à partir de cette oeuvre que la légende nous apparaît de façon plus complète, plus détaillée, et ce n'est pas vraiment  la version que l'on a retenue aujourd'hui.
Robyn Hood, Robin des bois, Gest of Robyn Hood
Extrait d'une version du livre Gest of Robyn Hood
imprimé au 16e siècle.
  A gest of Robyn Hode est un conte pour enfant composé de poèmes. Il est divisé en 8 sections et raconte les aventures de Robyn Hood, un héros hors-la loi, homme dévoué à la pratique religieuse mais ayant son propre système de valeur. Courageux, impitoyable, sanguinaire mais débonnaire, joyeux et charmant, il est adoré par le peuple (dans le conte comme dans la réalité). Estimant que le système en place a commis des torts contre lui, sa famille et ses amis, il est convaincu que le pouvoir royal et ecclésiastique est corrompu, mû par ses propres intérêts plutôt que celui du peuple. Ainsi, il n'hésite pas à voler et à tuer les représentants de l'Église et de la loi, tel le shérif (principalement celui de Nottingham). De même, dans une ballade qui précède la Gest of Robyn Hode, son compagnon de route Little John va même jusque décapiter un moine (c'est sympa comme histoire pour endormir vos enfants non ?). Cependant, il n'y a aucun élément permettant de dire qu'il redistribue le fruit de ses rapines aux pauvres. Il semble plus probable que l'argent volé permette de faire vivre la bande qui l'accompagne et avec qui il vit dans la forêt (parfois celle de Barnsdale, parfois Sherwhood) : Little John, Will Stuteley, Will Scarlett et Much. À cette époque, il n'y pas la moindre présence d'une quelconque féminité dans le groupe. Seul personnage féminin existant, la femme du shérif qui dans une des ballades aide Robyn Hood dans ses facéties. Sa célèbre compagne, Marianne dans la version retenue, mais parfois appelé Maude, Marion ou Mathilde, n'apparaît qu'à partir du XVIe siècle, notamment lorsque la légende se modernise pour être adaptée dans un format théâtrale, et donc à destination des gens de la haute.
 À partir du XVIe siècle, l'histoire de Robyn Hood est grandement réécrite. Tout d'abord, le tempérament guerrier, violant voir cruel du voleur forestier est gommé. On ne retient de ses forfaitures que la fourberie, la maîtrise de la dissimulation, la sympathie et la jovialité. Il reste un voleur, oui, mais c'est un Gentleman. En effet, il arrive ce que l'on appelle dans le jargon un phénomène de gentrification. Il n'est plus un paysan quelconque, il devient ce que l'on appelle dans l'Angleterre médiévale un Yeoman. Les Yeomen sont des paysans propriétaire de leurs terres, ils ont donc un rangs sociale supérieur, assimilé à une forme de noblesse locale. En bref, c'est pas le péquenaud du coin. C'est également dans cette période que Robin Hood devient Robin de Loxeley dans la pièce The Downfall and the Death of Robert Earl of Huntington (La chute et la mort de Robert, Comte de Huntington), alias Robert Fitzooth, comte de Huntington, dépossédé de ses terres par le shérif de Nottingham et déclaré hors-la-loi, et mariée à Marian (Maude ou Mathilde selon les pages). C'est grâce à cette dernière qu'apparaît également le rôle de Frêre Tuck, puisqu'il est son confesseur.
Tombe de Robert, Comte de Huntington
Tombe de Robert, Comte de Huntington
  Robin des bois aurait vécu dans la forêt plus d'une vingtaine d'année, entre 1220 et 1247, date à laquelle il serait mort à l'âge de 87 ans. Dans la légende, on raconte qu'il se serait réfugié dans ses dernières heures dans un couvent près de Kirklees, pour y recevoir une saignée (pratique courante à l'époque pour guérir de certaines maladies ou symptômes). Cependant, sans que nous ne sachions pourquoi, la sœur qui s'occupait de lui avait une dent contre lui et l'a saigné à mort. Il n'aurait eu alors que le temps de décocher une flèche et de dire à ses compagnons qu'il souhaiterait être enterrer la où atterrira la flèche. On peut aujourd'hui voir sa tombe au cimetière de Kirklees.

 La vision que nous avons actuellement de l'histoire de Robin des bois nous vient des œuvres qui ont permis de populariser la légende dans le monde entier, alors qu'elle n'était jusque la confinée à l’intérieur des frontières de la grande Bretagne. En commençant par Walter Scott, écrivain écossais du XIXe siècle, à travers son roman Ivanhoé écrit en 1819, dans lequel Robin des bois figure comme l'un des héros. Il se présente ainsi comme un rebelle Saxon, combattant les seigneurs normands et volant les riches pour donner l'argent aux pauvres. Les œuvres qui suivirent on alors reprit cette version de Robin des bois, celui d'un hors-la-loi extra-ordinaire, redistribuant la richesse de façon plus équitable entre les puissances et les plus faibles, gagnant le cœur de la population, des plus petites gens aux plus nobles des chevaliers.

  • Histoire d'un Robin des bois, en vrai.

 En préambule de toute chose, il faut ravoir à l'esprit qu'à l'époque médiévale, le nom Robin Hood est un genre de nom commun pour parler de personnes hors-la loi. De ce fait, à travers les archives de l'histoire de l'Angleterre on peut apercevoir, ici ou là, des Robin Hood, mais qui n'ont probablement rien à voir avec celui que l'on recherche. Ainsi, il y a de forte chance que derrière ce surnom, ce cache en fait le visage d'une autre personne, voir pourquoi pas plusieurs, en fonction des époques des récits.
 Beaucoup des recherches historiques sur les origines de la légende de Robin Hood s'attachent à établir des liens entre son nom, son histoire, et bien souvent du côté de Sherwood. Hors, et s'il n'y avait rien de tout cela ? Et si la légende n'a été qu'une constante modernisation de l'histoire originale pour correspondre à la réalité contemporaine des conteurs ? C'est pourquoi dans le but de comprendre la réalité historique, je vous propose de reprendre les éléments de la légende portés à notre connaissance dans l'ordre chronologique et de les replacer dans leurs contextes.

 Ainsi, les premières informations sûr que nous possédons sont donc celles que l'on trouve dans le récit de William Langland vers 1380, Pierre le laboureur et qui évoque des rimes de ballades associant un certain Robin Hood et un comte de Chester, Randolf. Parmi les Comtes de Chester, on ne compte pas de Randolf mais des Ranulph : Ranulph le Meschin (compagnon de Guillaume le conquérant, mort en 1129), Ranulph de Gernon (fils du précédent, Comte de 1129 jusqu'a sa mort en 1153) et Ranulph de Blondeville (petit-fils du précédent, Comte de 1172 à 1232), ce qui place la possibilité d’existence entre le début du XIIe siècle à celui du XIIIe. Selon la légende, Robin Hood serait décédé en 1247, ce qui pourrait fixer sa période de vie plus précisément dans la première moitié du XIIIe siècle. Par conséquent, le comte de Chester qui serait lié à lui pourrait être Ranulph de Blondeville.
 Qu'est-ce qui au début du XIIIe siècle dans l'histoire de l'Angleterre pourrait expliquer une association d'idée entre ces deux protagonistes ? Probablement, la légende prends naissance suite à la guerre civile qui frappe le pays entre 1215 et 1217 et que l'on appel la première guerre des Barons (à ne pas confondre avec les guerre des boutons, c'est pas la même).

 1 des 4 exemplaire de la Magna carta 
 Cette guerre civil qui oppose les barons à la royauté, et donc au pouvoir de Jean sans terre, est suscité par le refus du roi d'appliquer la Magna Carta, une grande charte édictée en 1215 portant sur les valeurs de libertés individuelles. En effet, elle a pour objectif de garantir les libertés de l'Église, la non intervention de l'État dans les règles d'accession de la noblesse à la propriété, accepter les éventuels véto du Grand conseil (forme "proto-historique" du parlement anglais, ancêtre de la chambre des Lords crée par cette charte) dans l'établissement de l'impôt et enfin, ne pas entraver ces droits aux hommes libres de façon arbitraire. En clair, bien que cette Charte apporte une gestion plus démocratique du pays face à la toute puissance du pouvoir royal saupoudrée d'autorité divine, la noblesse (et certains membres du clergé) se bats dans le but de conserver les privilèges acquis par celle-ci, notamment pour qu'ils payent le moins d'impôt possible. À l'inverse, le roi s'y oppose car elle affaiblie considérablement son pouvoir.

 La rébellion s'organise autour d'un chef, Robert Fitzwalter (baron de Little Dunmow dans le Comté d'Essex), ce qui lui vaudra très rapidement d'être excommunié, ainsi que Robert, son chapelain (prêtre exerçant dans une chapelle). Elle se rassemble autour de lui à Northampton à partir de mai 1216 et se nomme elle même l'Armée de Dieu. Elle s'empare assez vite du château de Rochester et se prépare à la guerre contre le roi, qui lui peut compter sur le soutien de barons fidèles tels que Guillaume le Maréchal et surtout... Ranulph de Blondeville ! La fidélité de ce dernier lui permet dès 1215 d'être nommé Comte de Lancaster (avec le pouvoir de nomme les shérifs), et deviendra plus tard lui-même haut-shérif. Pour gagner cette guerre, les rebelles vont s'allier au royaume de France et font couronner le futur Louis XVIII (de France) pour le faire devenir Louis 1er (D'Angleterre). Bon, je passe sur les péripéties de la guerre pour ne pas trop diverger, mais les rebelles vont finir par perdre la guerre le 11 septembre 1217, suite à une défaite décisive infligée dans la ville de Lincoln par Ranulph lui même.

Jean sans terre contre Louis XIII
Jean sans terre contre Louis XIII à la bataille de la Roche-aux-moines

 Cet événement majeur dans l'histoire de l'Angleterre médiéval peut ainsi être à l'origine de ballades et de chansons racontant les exploits d'un chevalier, d'un noble rebelle. Il offre en tout les cas le cadre idéal pour faire naître une histoire légendaire, qui se raconte et s'étoffe de génération en génération. Mais dans cette histoire, qui serait alors Robin Hood ? Est-ce un surnom qui a été attribué à Robert Fitzwalter ? Ou bien est-ce un autre rebelle, tels son chapelain qui en tant que prêtre, devait certainement porter une capuche (il deviendrait ainsi Robert Hood, autre nom parfois évoqué à la place de Robin). Autre possibilité, Fulk Fitz Warine, un autre baron rebelle qui fut chassé de ses terres en 1203 et a vécu plusieurs années comme hors la loi dans une forêt ? Un mélange de tout cela ?
 Quoiqu'il en soit, nous avons dans cette histoire les bases qui préfigure celle de Robin des bois, à savoir un chef de clan rebelle accompagné entre autres, d'un homme d'église qui se bats contre le pouvoir royal, celui de Jean sans terre et plus précisément contre un baron local : Ranulph de Blondeville, haut-shérif. Il n'y a donc pas pour l'instant l'idée d'un défenseur des pauvres, du peuples. Au contraire, il semble plutôt vouloir prolonger les privilèges des nobles, défendu et soutenu par une partie de la noblesse, bien qu'il y est tout de même la notion de révolte populaire face au sentiment de payer injustement trop d'impôt (il y a des chose qui ne change pas), sentiment partagé par le peuple.

 L'esprit de la grande Charte, c'est d'ailleurs  exactement ce l'on retrouve dans le livre de William Langland, Pierre le laboureur dans la seconde moitié du XIVe siècle, à savoir dans la période d'une importante modification visant à introduire dans la charte la notion d'égalité universelle devant la loi. En effet, ce récit est une allégorie théologique doublée d'une satire sociale, et qui évoque les inégalités sociales entre les conditions de vie du peuple et celui de la noblesse, tout en remettant en cause la place et le rôle de la religion catholique. De ce fait, l'occurrence faite à Robin Hood et au Comte dans le livre n'est peut-être pas anodine, elle peut être une référence implicite à cette charte, sur laquelle les deux protagonistes ce serait donc bien opposé. Avec le temps, plus d'un siècle sépare l'histoire originale de cette référence, la Charte est surtout défendue pour ses avancées démocratique, et non pour les privilèges qu'elle apportait ou entretenait à la noblesse : tout le monde y gagne. De ce fait, la rébellion des barons et notamment le combat de Robert Fitzwalter peut être vue comme un défenseur du peuple, bénéficiant de la sympathie de la noblesse, forgeant un semblant d'unité de la nation contre le pouvoir autoritaire de la royauté.
  Ce qui est intéressant, c'est justement d'analyser le contexte dans lequel réapparaît dans la littérature et dans la société britannique la légende de Robin Hood. À l'époque où écrit William Langland son Piers Piowman, l'Angleterre est secoué par une puissante révolte paysanne, dans laquelle un certain John Ball, prêtre paysan et Wat Tyler, serf, auraient joué un rôle important de leader.

Révolte des paysans de 1381
Révolte des paysans de 1381

 En effet, en 1381 éclate une importante révolte paysanne dont les causes sont multiples. Parmi elles, l’aggravation et les modifications de conditions sociales provoqués par la peste noir qui a ravagée le pays en 1348, mais surtout le gouffre financier que représente la contribution à l'effort de guerre dans son engagement contre la France à cette interminable guerre de cent ans (qui a durée 117 ans, au passage). Pour renflouer les caisses de l'Etat, le parlement a alors crée vers 1377 un impôt par tête : toute personne de plus de 14 ans doit alors payer un tribut de 4 pence. La même demande sera formulée en 1379, puis en 1380 où il passe à 12 pence. Face à l'augmentation croissante de cet impôt et ses conséquences sur le pouvoir d'achats des britanniques, dans le sud-Est (principalement dans le Kent et l'Essex, Comté d'origine de Robert Fitzwalter) une partie importante de la population tente de se soustraire à l'impôt. Par conséquent, le pouvoir royal envoie des commissaires pour enquêter sur place et surtout collecter l'argent manquant. L'arrivé de ses commissaires pour interroger les chefs des communes vont mettre le feu aux poudres et provoquer le début des révoltes et insurrections contre le pouvoir royal. 
 Le 30 mai 1381, un commissaire se rends dans la ville de Brentwood et convoque les représentants des villes du coin. Ces derniers lui explique qu'ils refusent de payer l'impôt, par conséquent le commissaire tente de les faire arrêter. Mais c'est sans compter sur la force du peuple. Les paysans qui étaient venus en masse armés de bâtons et d'arcs l'en empêche et le pourchasse. Il réussi à s'enfuir et rejoindre Londres, ce qui n'est pas le cas des trois clercs qui l'assistaient puisse qu'ils ont été tués. La nouvelle de cette rébellion se répand et la résistance s'organise : un groupe de rebelle marche vers Londres, tandis qu'un autre groupe passe par le Kent pour rassembler encore plus de personnes et ensuite converger avec le précédent vers Londres. Ce deuxième groupe et mené par Wat Tyler, un paysan et ancien soldat dans l'armée anglaise où il excellait en tant qu'archer (tiens, ça me rappelle quelqu'un). En chemin, ils apprennent qu'un serf est recherché puis emprisonné au château de Rochester (encore lui). Ils décident alors de prendre d'assaut les prisons de Maidstone et Rocherster pour faire libérer les prisonniers. Parmi eux, ils semblent avoir également libéré John Ball, ancien prêtre devenu vagabond après avec été excommunié en 1376, puis emprisonné pour avoir manifesté ses opinions en faveur de la pauvreté ecclésiastique et pour l'égalité sociale. Celui-ci, grâce à la force de ses discours (dans lesquelles il fait de nombreuses références à Piers Piowman) va rapidement prendre une forme de leadership dans le groupe et permettre de faire grossir les rangs ( plusieurs milliers de personnes au final) jusqu'à Londres. La rébellion est féroce, impitoyable. Sur sa route, elle n'hésite pas à détruire tout ce qui se rapporte à la royauté et tuer ceux qui la défende ou la représente. Arrivé dans la capitale, les rebelles tentent de rencontrer le roi puis négocie pour lui imposer leurs revendications, à savoir : leur livrer un certain nombre de conseiller royaux (pour les exécuter), et l'abolition du servage. Après quelques jours, il arrivent enfin à lui arracher la signature d'une charte mettant fin au servage, mais ce n'est pas assez pour Wat Tyler qui continue une répression sanglante dans les rues de Londres. Avec un groupe de rebelle, il parvient à entrer dans la tour de Londres où sont réfugiés les membres les plus importants de la cour du roi. À l'intérieur ils découvrent entre autres, l'archevêque de Cantorbéry, le représentant le plus important de l'Église sur le territoire et le font décapiter. Les exactions de ce groupe de rebelle ne continue pas très longtemps car dans la journée, les troupes du roi finissent par les capturer... et les font décapiter à leurs tours. Furieux de ces excès de violence continue de la part des rebelles, le roi reviendra alors sur sa décision et rétabli le servage.

Mort de Wat Tyler
Mort de Wat Tyler

 En résumé, nous avons donc un paysan, Wat Tyler, un archer meneur d'homme qui combat pour affaiblir la pression fiscale que représente l'impôt par tête, et pour l'égalité sociale à travers notamment l'abolition du servage,  accompagné d'un prêtre, John Ball dans une rébellion sanglante contre le pouvoir royal.

 Ce qui est intéressant, c'est de constater le lien qui peut apparaître entre ce duo, Wat Tyler et John Ball, et la version suivante de la légende de Robin Hood. En effet, vers 1450 est écrit la ballade Robin Hood and the monk (Robin des bois et le moine), dans lequel Robin est accompagné d'un prêtre nommé Little John (coïncidence ?). Il se fait capturé par le shérif de Nottingham, puis est libéré par son prêtre qui décapite un moine. À de nombreux égards, cette ballade semble s'appuyer sur des épisode de la révolte paysanne de 1381 et ne semble plus avoir aucun rapport avec l'histoire d'origine, concernant Ranulph, Comte de Chester. Par ailleurs, une fois encore, le contexte semble important pour comprendre les enjeux.
 Au XIVe siècle apparaît en Angleterre un mouvement de contestation sociale et religieuse, ce qui semble être finalement le fil conducteur de la légende,  défendu par les partisans de John Wyclif que l'on appel les Lollards, dont le représentant le plus illustre n'est autre que John Ball. Les lollards (et non, ce n'était pas des kikou lol),  sont en quelque sorte les ancêtres des protestants anglais, et s'opposent à de nombreuses pratiques catholiques. Tout au long du XVe et jusqu'au XVI, ils continuent de prendre comme référence principale dans leurs textes le récit Piers Piowman et les discours de John Ball. Par ailleurs, on constate même au fil du temps une certaine confusion entre les deux personnes, et parfois John Ball est soit vue comme l'auteur du personnage, voir comme étant le vrai Piers de l'histoire ou son acolyte. John Ball et son histoire devient comme un mythe fondateur pour ce mouvement qui perdure jusqu'au XVIe siècle, et qui sert de base à celui des protestants.
 Dans la ballade Robin Hood and the monk, et globalement dans toutes les ballades de cette période compilées dans A gest of Robyn Hood,  on ressent beaucoup l'influence des lollards puisque les deux comparses s'en prennent violemment aux hommes d'églises, vu comme des traîtres, trop occupés à l'admiration de leurs icônes plutôt que dans l'entre-aide envers les pauvres et les nécessiteux, comme si l'histoire de la révolte paysanne de 1381 avait fusionné avec l'histoire de la guerre des barons, elle même déjà emprunte des histoires de Robin et des fêtes de mai.

 Tout ce qui vient ce greffer ensuite dans la légende de Robin des bois ne peut donc être sérieusement être pris en compte, car le temps a altéré le récit qui est agrémenté d'éléments qui viennent perturber la compréhension de l'histoire originale. Malgré cela, certains éléments sont intéressant pour une étude plus approfondit de la légende. En effet, comme nous l'avons à partir du XVIe siècle, Robin des bois n'est plus un paysan (comme dans les ballades du XIV et XVe siècles) mais devient un noble, on lui attribue le Comté de Huntington et une femme, Mathilde. Qui est cette Mathilde et pourquoi Huntington ? C'est la que ça devient intéressant car un rapprochement est fait avec la fille de Robert Fitzwalter, le noble qui a mené la guerre des barons en 1215. En effet, selon la pièce de théâtre The death and Fall of Robert Earl of Huntington de Anthony Munday et Henry Chettle, Robin Hood, alias, Robert Fitzooth, aurait épousé Mathilde Fitzwalter. Autre coïncidence troublante, Robert Fitzooth serait par ailleurs Lord de Westcost et de Loxeley, prétendant au comté de Huntington. Hors, dans la période de vie supposé de Robin Hood, le Comte de Huntington n'est autre que John le Scott, également Comte de Chester et surtout le petit-fils de Ranulph de Blondeville ! Volontairement ou non, la création de cette généalogie nous ramène à l'histoire d'origine, rappelant l'opposition entre Robin des bois et Ranulph de Blondeville. D'ailleurs, et probablement pour faire un pied de nez à l'histoire, l'actuel Comte de Huntington s'appelle William Edward Robin Hood Hastings-Bass... la boucle est bouclée.


Et vous, quelle est votre histoire ?

jeudi 15 juin 2017

Mesgny, ou ma propre histoire

Voilà, nous en sommes à la moitié du challenge avec la treizième lettre de l'alphabet, le M. Sans surprise, vous vous doutez bien de quel patronyme je vais vous parler aujourd'hui. Et pourtant, j'avoue que j'ai beaucoup hésité à le faire. Non pas par pudeur, par humilité ou par cachotterie, simplement j'ai déjà évoqué mon propre nom de famille dans mon tout premier article de blog, je n'y voyais donc pas l'intérêt d'en faire un deuxième. Cependant après réflexion, je pense que finalement j'ai des choses nouvelles à dire, une autre approche à apporter, et surtout pour ce challenge, un versant généalogique que je n'avais pas aborder et qui pourrait vous intéresser. Alors soit : c'est parti mon Mesgny. 

Histoire d'un nom : Mesgny

Hasard de la vie, réflexe conditionné ou conséquence logique, moi qui m'intéresse aux origines des noms de famille, de comprendre leurs étymologies, leurs constitutions, leurs évolutions, le mien est le plus complexe et le plus originale que j'ai eu à étudier pour l'instant. Mais peut-être aussi, est-ce par ce que c'est celui que j'ai le plus travaillé en profondeur, et surtout de manière individualisée sur les Mesgny de mon arbre, et pas seulement sur les Mesgny en générale. D'ailleurs, pour ce nom, existe t'il bien une différence entre le général et mon cas particulier ? Tous les Mesgny ne sont-ils pas issus de la même branche ? Cela est possible vu le nombre de personnes que cela concerne, mais je le pense pas. À ce jour en France, nous sommes environ 20 personnes à le porter, dont 5 sont directement de ma famille proche. De plus, parmi les plus ou moins 15 restants (je ne connais pas le chiffre exact), quelques-uns sont issus d'une branche qui descend d'un couple dont j'ai déjà parlé à plusieurs reprises, Jean Baptiste Mesgny et Marguerite Colombain. L'autre moitié des Mesgny est issu d'une autre famille, mais pas si éloignée géographiquement que cela à l'origine. Et justement, pour comprendre leur étymologie, qui textuellement, peut sembler différente à l'origine, si l'on fait une étude comparée, montre une origine linguistique commune.

 En effet, dans les deux familles, on constate que l’orthographe actuelle de nos patronymes est issue d'une succession de modification du nom. Pour ce qui me concerne, avant de s'écrire Mesgny mon nom était écrit Meisgny, encore avant Meisgnier (orthographe conservé pour d'autres branches familiales, comme pour Meisgny) et plus anciennement vers 1600 Magnier. Pour l'autre famille, l’orthographe est passée par Mesny, avant Magny, pour arriver jusqu’à un cavalier nommé Mesnil, baptisé à Briey, en Meurthe et Moselle en 1671, à environ 120 kilomètre de Trois-Fontaines.
 Ainsi, pour comprendre l'origine du nom de famille, il convient de se fonder exclusivement sur la phonétique, et non sur l'orthographe. La base commune que nous trouvons est donc [me.ni] (ce qui veut dire que l'on ne prononce pas le S !). C'est à partir de là que nous pouvons convenir que le surnom à l'origine de ce patronyme est fixé sur le mot plus couramment utilisé dans la langue d'oïl : Mesnil. À l'époque médiévale, le terme mesnil est utilisé pour désigner un lieu de séjour, une habitation, voir un ensemble de personne vivant sous le même toit. Il porte le même sens que le terme foyer, qui sera justement utilisé plus couramment, et faire que le mot mesnil devienne désuet (voir mon premier article pour plus de précisions).
 Suivant les régions, les langues locales, ce mot ne sera pas écrit de la même manière. On le trouve principalement écrit Mesnil en Normandie, Maisnil dans le Nord et Ménil dans le Nord-Est, voir Magny ou même Magnie. Ce qui m'amène à penser que même si on lit Magnier sur les plus anciens actes d'État civil, ce qui nous aurait conduit vers une origine issue d'un nom de baptême (Magnier étant un prénom), il faut finalement le lire "Magnie" et y voir une forme contrariée du mot mesnil.

Mon histoire, en suivant le fil patronymique.

 Depuis le début du challenge, je vous parle beaucoup de mes ancêtres de la Marne. Aujourd'hui, je voudrais commencer en partant d'un peu plus loin, et de vous parler de mes ancêtres marocains (je vous sens surpris là, voir septique ?). Et pourtant, si j'en crois les dernières découvertes qui viennent d'être faites, mes plus vieux ascendants sont nés au Maroc, il y a plus de 300 mille ans. En effet, les premiers Hommes modernes, les homos sapiens seraient apparu le plus anciennement sur le site Djebel Irhoud, selon les incroyables découvertes récemment mises à jours. Hé oui, nos ancêtres ne sont pas tous des Gaulois, nous sommes tous des frères et sœurs issus d'une même branche : celle des homos sapiens. 

 Alors bien évidemment, entre ces premiers hommes et femmes qui ont travers des mers, des montagnes, des forets et des siècles, il y a de très nombreuses histoires, heureuses et malheureuses dont la mémoire n'a gardée aucunes traces, sinon celles que l'on retrouve dans chacune des cellules qui composent mon corps. Leurs traversées les ont finalement fait arriver au début du 17ème siècle dans la Marne, et plus précisément entre Cheminon et Trois-Fontaines. Il est probable que Cheminon soit le cœur des Magnier jusque 1620. En effet, à cette époque on compte déjà plusieurs couples formés (environ 6) et quelques enfants. Il semble qu'un transfert se fasse avec la ville de Trois-Fontaines, dans laquelle on voit arriver de plus en plus de Magnier dans les années 1630. Alors qu'il n'y avait a priori qu'un couple dans les années 20, après 1635 ils sont désormais 4 puis 6 en 1640. Par ailleurs, il n'y aurait plus de naissance à Cheminon entre 1641 et 1659.

 L'acte d'État civil le plus ancien que j'ai pu retrouver en ligne direct sur les Mesgny date ainsi du 24 juin 1635 à Trois-Fontaines, et concerne la naissance du petit Claude Magnier, fils de Claude Magnier et de Magdelaine Robinet.


 Claude (le père) serait né approximativement vers 1604, probablement à Cheminon, ou dans une commune environnante. Il est possible que ce soit à Cheminon qu'il rencontre Magdelaine, car l'étude de son nom de famille montre qu'a cette période, ils sont déjà très nombreux dans cette ville, bien que présent aussi à Trois-fontaines mais très faiblement. D'ailleurs, une probable sœur de Claude, Claudine, et elle même mariée à Cheminon avec un Robinet (je vous donne son prénom, ou vous avez devinez?). Le manque de ressource numérique ne me permet pas d'en savoir plus pour le moment, mais je ne doute pas de pouvoir aller plus loin un de ces jours. Ce qui est sur, c'est qu'à partir de là, ils ne bougeront plus : Claude Magnier et Claudine Robinet auront leurs 6 enfants dans la commune de Trois-Fontaines, depuis 1631, date de la première naissance, et ils y restent jusqu'au décès de Claude en 1694.
 Claude le jeune passera lui aussi toute sa vie à Trois-fontaines, accompagné de ses frères et sœurs, et de temps en temps par ses cousins de Cheminon. Selon les informations dont je dispose, il aurait été voiturier, c'est à dire qu'il transportait des marchandises à l'aide d'un véhicule (avec des chevaux mais sans moteur). Il connait une première histoire avec une femme, Alix Alise Marette, plus jeunes de 6 années. Ils se marient le 12 février 1652 et auront ensemble deux enfants, une fille Catherine, et Henri, mon arrière (x7) grand père. Je le précise car Claude se remarie quelques mois plus tard avec une autre femme, Marguerite Thiebault le 22 novembre 1660 car a priori, Alix décède suite à son accouchement. 


 Notez qu'entre-temps, Magnier et déjà devenu Mesgnier. Avec sa nouvelle femme, ils ont 8 enfants entre 1661 et 1678.
 C'est à partir de la génération des enfants d'Henri Mesgnier que mes ancêtres commencent à avoir la bougeotte. Conformément aux règles de l'époque et à la tradition, se sont surtout les hommes qui vont partir à l'occasion de leurs mariages dans la ville de leurs épouses et à l'inverse, les femmes vont faire venir leurs maris.  Pour ce qui me concerne, c'est Henri (le jeune, le fils d'Henri) qui m'intéresse. Il est né en 1701 à trois-Fontaines, mais franchit la barrière de la Meuse en arrivant à Sommelonne pour se marier avec Claudine Anthoinette Pernet le 31 janvier 1724. Leur foyer accueille au totale 7 enfants, 5 garçons et 2 filles. Tous continuerons à vivre dans cette commune, sauf un, mon arrière (x5) grand-père : Pierre Henri Antoine.
 PHA est né le 20 mai 1740, il est donc le seul de la fratrie à rejoindre ses cousins et cousines pour tenter l'aventure à Épinal, à plus de 150 kilomètres. Lui aussi sera marié deux fois. Une première avec Anne Barbier, très probablement originaire de Sommelonne ou des environs, avec qui il a 3 enfants, possiblement morte en couche également,  puis il contracte un second mariage en 1801 avec Marie Joseph Vautrin. Ils n'ont que 2 enfants, dont un qui meurt à l'age de 4 ans.
 Je suis donc logiquement issu de l'autre, qui se prénomme François Didier. Il est né le 01 juin 1802 à Épinal, et y restera tout au long de sa vie. Il y exerce le métier de pécheur, et se marie à l'âge de 20 ans avec Anne Catherine Gérard, le 30 janvier 1822. De leur union sont nés 11 enfants, dont deux sont mort en bas âge. Sur les 9 autres, 7 atteindront l'âge adulte. Parmi eux, on trouve trois hommes qui deviendront coloristes, un sera manœuvre et une femme repasseuse. Tous se marieront à leurs tours et engendreront pour la plupart, de nombreuses enfants.
 Dans les sept enfants de François Didier et Anne Catherine, il y a Léon Mesgny, né le 19 octobre 1836. Lui ne restera pas longtemps à Épinal, juste un peu pour acquérir de l'expérience en tant que coloriste, se marier à une spinalienne, Anne Valentin le 14 juin 1866, et ensuite partir à l'assaut de Paris, où ils emménagent avec leurs enfants dans le 5ème arrondissement. Ils en auront cinq entre 1866 et 1875.
 Dans cette période, c'est donc mon arrière grand-père qui va naitre le 29 mars 1873. Rappeler vous, c'est de lui dont je parlais dans mon précédent article, puisqu'il s'est marié avec Marie Françoise Ladent. Ils ont ensemble quatre enfants, deux garçons et deux fille. Parmi les deux garçons, le premier décédera sur les champs de guerre de la première guerre mondiale, sur la cote 304 en direction de Verdun, le 19 mai 1916. L'une de ses sœurs est ma grand-mère. Normalement, quand je vous dis ça, vous devez vous dire qu'il y un truc par normal, non ?
 On en arrive maintenant à ma Grand-mère, Marie Madeleine Françoise Mesgny, née le 16 mai 1909 à Acheux-en-Amienois, en Picardie. Si vous vous souvenez bien, Charles et Marie Françoise débarquent au début du 20ème siècle dans la Somme, à Toutencourt, avec toute la smala. C'est donc dans la campagne du Nord que va grandir ma grand-mère. Je ne pourrais malheureusement pas vous dire grand chose sur elle, je ne l'ai que très peu connu. J'avais 11 ans lorsqu'elle est décès en 1994, et je n'ai jamais vraiment discuté avec. Mes quelques souvenir sont flous, ou ne contiennent que des images fixent, comme des photos ou un film que l'on aurait mis sur pause. Nous n'avons jamais su qui et comment s'appelait mon grand-père, elle n'a jamais révélé son nom, ni donné le moindre indice.

Et vous, quelle est votre histoire ?

mercredi 14 juin 2017

Ladent, ou l'histoire franco-belge.

Autant pour ce challenge et concernant mon défi d'alphabet anthroponymique, il y a des lettres qui me compliquent énormément la tâche, autant nous arrivons aujourd'hui et les prochains jours dans un groupe de lettres plutôt facile. La seule difficulté pour moi sera donc de faire un choix parmi la multitude des noms de famille présent dans ma généalogie dont je pourrais vous parler. Aujourd'hui pour la lettre L, c'est pas moins de 19 patronymes dont j'aurais pu évoquer les origines. Et les bons candidats sont nombreux, j'aurais pu rester sur les noms liés aux communes de Trois-Fontaines et Cheminon avec les Lavandier, La Bru ou La cloche pour compléter l'éventail des patronymes du village déjà abordés, mais je vais faire un peu plus original aujourd'hui et faire plaisir à mes origines du Nord et à la communauté belge qui me suit (je vous en remercie) avec la branche des Ladent.

mardi 13 juin 2017

Kauffmann, ou l'histoire franco-allemande.

 Et nous revoilà parti dans la joie et la bonne humeur pour une nouvelle semaine bien remplie dans le cadre du challenge A à Z. La dernière probablement pour moi car je n'aurai pas le temps la semaine prochaine d'écrire un article par jour. J'essayerais peut-être de compléter les dernières lettres manquantes à la fin du mois, voir début juillet... si vous en redemandez bien sur. Je reprends donc aujourd'hui mon alphabet patronymique avec la lettre K pour vous parler aujourd'hui des Kauffmann.

samedi 10 juin 2017

Janson, ou l'histoire des nouveaux arrivants

 Le double défi que je me suis imposé n'est vraiment pas évident. Je le rappel, celui-ci consiste à réaliser le challenge A à Z en partant des noms de famille de ma généalogie. Cela ne vous a probablement pas échappé, mais hier j'ai dû faire une nouvelle impasse. En effet, je n'ai, dans l'état actuel de complétude (si si, ce mot existe) de mon arbre, aucun patronyme commençant par la lettre I. En même temps, il ne doit pas y en avoir beaucoup, ça pourrait être intéressant d'étudier cela. Ca ne sera pas le cas pour cette article, puisque nous passons logiquement avec un nom de famille commençant par la lettre J, et nous allons donc nous intéresser aux Janson.

Histoire d'un nom : Janson.

 Pour le coup, l'explication de ce patronyme n'est pas très compliqué. Nous l'avons vu dans l'article précédent sur le nom Henry, les noms de famille peuvent se distinguer en 4 grandes catégories : ceux issus de noms de baptêmes, de métiers, de distinctions géographiques ou suite à un surnom en rapport à une caractéristique physique, morale ou sociale. Janson vient de la première catégorie, celle des noms issus de prénoms, c'est une variante de Jeanson, et donc un diminutif du prénom Jean.
 J'en profite pour faire une petite explication sur le terme diminutif qui vous surprend peut-être puisque concrètement Janson, c'est plus long que Jean. En anthroponymie, on appel diminutif un nom de baptême ou prénom transformé à l'aide d'un suffixe qui exprime, dans la majeure partie des cas pour marquer la filiation de l'enfant. Ainsi Janson est donc le fils ou la fille de Jean. Ce marqueur nous le reconnaissons beaucoup dans les noms anglo-saxons : Jackson, Robinson, Parkinson (qui n'est pas le fils d'un parking, mais d'un Peter), etc.. Dans la version Anglaise, on retrouve évidemment le mot son qui signifie fils, mais qui vaut aussi pour les noms d'origines germaniques, avec simplement une prononciation différente, [sən] en anglais et [Söhne] en Allemand. Janson est donc la version française de Johnson (John correspondant au prénoms Jean en anglais).
 On peut donc imaginer que le diminutif Janson est ainsi plutôt originaire de la langue d'oïl, et donc de la moitié Nord de la France, voir plus à l'Est, dans les terres de Flandres (Belgique, Pays-Bas). Cependant, on constate dès le 15ème siècle la présence d'un certain nombre de Janson dans le Sud de la France, aux environs de Marseille. Cela peut s'expliquer par la popularité du nom à travers la commune de Saint-Estève de Janson dans le Var. À partir du 16ème siècle, on constate que les Janson sont présent sur tout l'Est de la France, en partant plus haut des Pays-bas, en passant par la Belgique, est redescend par la Champagne-Ardennes, puis le long du Rhône jusque Perpignan. En ce qui nous concerne, nous nous arrêterons forcément sur la Marne. 
 Aujourd'hui, Janson est classé 2 907ème parmi les noms les plus portés en France, et il serait porté par environ 1000 personnes.

Histoire des Janson dans le village et dans ma généalogie.

 Comme d'habitude, nous allons faire un tour dans le village de Trois-Fontaines, la commune de mes ancêtres. Cette fois-ci, et contrairement aux articles précédents, nous pouvons a prioiri déterminer l'arrivée des Janson dans le village. En effet, il fait attendre 1647 afin qu'apparaisse pour la première fois ce nomde famille dans les registres d'États civils. Il s'agit d'une promesse de mariage, contracté entre Jean Grimon et Claudine Janson le 04 mars 1647. 


 De plus, ce mariage nous apprend que Claudine n'est pas née à Trois-Fontaines, mais dans une commune appelée Brillon. Lorsque nous regardons la carte du 18ème siècle, on observe qu'effectivement, il existe bien une ville appelée Brillon, aujourd'hui Brillon-en-Barrois, juste à coté de Trois-Fontaines, mais dans le département voisin, la Meuse.


 C'est donc bien la première à venir dans la commune de Trois-Fontaines. Elle ne vient probablement pas seule, puisque la promesse de mariage nous apprend également que son  mari n'est pas originaire de la commune non plus. Ainsi il est possible qu'elle soit arrivée accompagné de ses parents, et éventuellement de ses frères et sœurs, si elle en a. Des recherches seraient intéressantes pour approfondir tout cela. De plus, quelques années plus tard on constate qu'une certaine Barbe Janson se marie avec Jean Pierre (Pierre c'est son nom, et Jean son prénom...) dans la seconde moitié du 17ème siècle, serait-ce une de ses filles ? Est-ce la même qui, dans la même période, se marie à Cheminon avec un de mes ancêtres, Claude Mesgnier ? Rien n'est prouvé pour l'instant. Cela dit, elle apparaît tout de même dans mon arbre généalogique, car Barbe et Jean on un enfant, Claude qui se mari avec Marie Barbier en janvier 1969. Claude et Marie ont à leur tour un enfant, Marguerite, qui se mari le 18 septembre 1719 avec Blaise Meisgnier, un arrière (x8) grand-oncle.

Et vous, quelle est votre histoire ?

jeudi 8 juin 2017

Henry, ou l'histoire des noms de famille

 Bon, je vous explique. Au départ, j'avais écrit une petite introduction pour vous dire que même si je n'avais pas grand chose à dire sur un nom de famille qui commence par H, du coup j'allais tout de même faire quelques lignes pour ne pas avoir à faire une deuxième impasse... Mais finalement, l'inspiration est venue me rendre visite. Du coup, vous allez avoir la chance d'avoir un vrai article avec plein de chose intéressante (si si si, je vous jure). Je vais donc vous parler aujourd'hui des Henry, encore une famille du village de Trois-Fontaines.

mercredi 7 juin 2017

Gailliez, ou l'histoire du nom à flexibilité orthographique

 Autant pour la lettre E, il était compliqué pour moi de faire un article n'ayant qu'une personne dans ma généalogie portant un nom de famille commençant par cette lettre, autant pour la lettre G c'est le choix qui est difficile : 18 noms de famille, dont plusieurs ayant de multiples occurrences. J'aurais pu vu parler de Garnier, un nom que j'aime beaucoup pour plusieurs raisons, de Gaillemin ou de Gerdelat, des noms plutôt originaux, mais finalement j'ai choisi de vous parlez des Gailliez. La raison en est simple, il fait parti des noms les plus portés dans ma généalogie commençant par G, et puis parce que c'est l'occasion de vous parler d'une des personnes les plus importantes de ma généalogie en terme de filiation et de descendance : Marguerite Gailliez, mon arrière (x6) grand-mère.